À propos de l’article

Information sur l'auteur

Emeline Pasquier est une observatrice de l'entreprise à la double expérience, le conseil en organisation et stratégie, et le management en communication et développement durable. Elle est membre du bureau de l'association Innovation Citoyenne et Développement Durable (ICDD).

Trop d’action tue l’entreprise

S’il est bien une notion qui paraît presque toujours positive au sein de nos entreprises modernes et qui paraît incontournable, c’est l’action. Cette manifestation de notre capacité à agir, dotée de façon quasi inconsciente de plusieurs promesses comme le dynamisme, le progrès, la force, n’est finalement que très rarement remise en cause. Véritable incarnation de ce qui va dans le bon sens, l’action témoigne d’une volonté qui s’exprime, elle préfigure un résultat, elle engage des moyens, donc elle est ce qu’il faut faire.

Il faut être performant. La performance est dans l’action, tout comme la compétitivité et l’avantage stratégique. Il est donc logique que l’action entraine derrière elle les entreprises dans leurs stratégies de développement, leurs plans de transformation, leurs restructurations ; en somme, leur force de projets. Qu’elles se portent bien ou qu’elles se portent mal, les entreprises sont toujours définitivement invitées à agir. Et l’action est sans conteste ce qui prévaut aujourd’hui dans les entreprises.

L’action est d’ailleurs cette réponse toujours attendue et sans cesse renouvelée car elle semble donner le meilleur change à toutes les attentes actuelles. Il faut aller vite, il faut aller fort, il faut aller loin, il faut être dans la course, suivre ce rythme rapide et pour cela, il faut être dans l’action. Il faut produire, de plus en plus pour de moins en moins cher, il faut inventer les besoins de demain et pour cela, il faut être dans l’action. Tant est si bien que le fait de ne pas agir est systématiquement considéré comme de l’inaction. Pire, celui qui n’agit pas n’est pas digne de l’entreprise, il trahi sa confiance.

Partant de là et sans m’étendre plus, je ne peux manquer de m’interroger. Où se place la réflexion dans le temps de l’action ? Quelle prise de recul, quelle hauteur de vue peut-on espérer dans un contexte qui a pris le parti de l’action ? Combien d’idées nouvelles qui ne sont pas seulement des éclats de génie de l’instant, de réflexions poussées peuvent aboutir dans une logique où l’action domine ? Quel long terme peut s’envisager quand il faut surtout agir et agir à tout prix ? Ce sont toutes ces questions que je pose aux entreprises qui ont entendu le chant de l’action, se sont laissées séduire, et se soumettent chaque jour à un rythme qui n’est pas le leur, se condamnant petit à petit à disparaître.

Il est grand temps que l’action reprenne la place qui est la sienne, l’expression d’une volonté derrière une réflexion posée. Les entreprises qui feront demain seront à coup sur celles qui auront pris le temps de la réflexion et non le trot de l’action.

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un commentaire le “Trop d’action tue l’entreprise”

  1. Karen 25 juillet 2011 à 12:01 #

    Bravo Emeline pour l’ouverture de ce blog que je suivrai avec attention !
    Les sujets que tu abordes sont évidemment connexes avec les miens : la responsablité sociale d’entreprise, un management respectueux, la performance sociale et bien sûr l’articulation des temps de vie.
    A bientôt, au travers de nos blogs !

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